Un reportage "bonnes pratiques" réalisé par l'Union des Villes et Communes de Wallonie

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Bio, local et solidaire : trois vocables qui résument magnifiquement le travail quotidien des Compagnons du Samson


Un projet de réinsertion socioprofessionnelle du CPAS de Gesves, débuté en 1989. Les Compagnons du Samson, c’est presque trois hectares de culture maraîchère bio, centrée sur la production et la distribution locale. Ainsi, les produits proposés par le CPAS de Gesves s’en vont tous les jours par paniers vers des citoyens, des associations, mais aussi des marchés et des entreprises locales qui favorisent ainsi le circuit court. Et notamment, une grande surface nommée «D’ici» bien connue à Naninne, qui favorise la vente des producteurs locaux et dont les Compagnons du Samson gèrent une partie des jardins. Et tout cela, avec de nombreuses collaborations issues d’un réseautage mis en place au fi l du temps : collaboration entre CPAS namurois, mais aussi collaboration avec des producteurs du coin, pour échanger de la main-d’œuvre, et encore des fruits et légumes. Rien que du local, toujours du local. Les Compagnons du Samson produisent aujourd’hui en moyenne 200 paniers de fruits et légumes par semaine. Outre des entreprises et des indépendants, ils fournissent l’administration communale et le CPAS de Gesves, bien entendu, mais également des écoles et des asbl, pour autant que celles-ci soient situées dans un rayon de 50 kilomètres maximum.

La livraison est gratuite à partir de dix paniers.


" Faire du maraîchage bio un produit local de réinsertion "


A l’heure où l’avenir économique de la Wallonie passera par le local, l’initiative du CPAS de Gesves fait figure d’exemple. Comme pas mal de CPAS en Wallonie, où les projets de jardins partagés se multiplient, les Compagnons du Samson comptent bien pérenniser leur projet.

Continuer à mettre au travail des personnes fragilisées, tout en produisant des légumes bio de qualité, comme nous le commente Bruno Lambotte, gestionnaire de l’équipe


Monsieur Lambotte, pouvez-vous nous présenter « Les Compagnons du Samson » ?

Notre objectif premier est de réinsérer les personnes et l’outil que nous utilisons est le maraîchage bio. C’est un projet qui a évolué avec le temps et qui a beaucoup grandi. Nous travaillons aujourd’hui sur un total de trois hectares répartis sur plusieurs sites. Quand les serres sont en état, ce qui représente 1.250 m2, cela nous permet de cultiver des légumes d’été, comme les tomates et les poivrons, par exemple. Cela nous permet aussi de faire une culture de début et de fin de saison, comme les frisées et les salades d’hiver. Nous gérons un terrain de septante ares, en collaboration avec le magasin «D’ici» à Naninne, une grande surface de proximité dont le terrain est en conversion bio. Nous travaillons et plantons directement en fonction de la demande des responsables de ce magasin et, donc, le plan de culture est constitué par rapport à leurs plus grosses ventes. Nous avons également un terrain de soixante ares près de la prison de Marneffe, qui est principalement utilisé pour les pommes de terre. Mais nous déplaçons nos cultures afin d’éviter les maladies et l’épuisement des sols. Nous y planterons donc cette année des cucurbitacées et un tiers de petites semences.

Nous travaillons aussi en collaboration avec le principal vendeur de fruits et légumes du village.


Il semble que vous ayez également de nouveaux terrains en prévision

Un nouveau terrain de quatre-vingt ares va en effet s’ouvrir cette année ici, au village. Ce terrain présente le grand avantage d’avoir pour limite la rivière du Samson et nous n’aurons donc pas de problème d’arrosage. Mais il a pour inconvénient d’être très humide. Nous verrons ce que son sol nous permettra.


Quelles personnes ont accès à votre projet ?

Il s’agit de personnes de différents horizons, notamment les personnes qui bénéficient du revenu d’intégration et qui ont perdu le droit aux allocations de chômage, qui sont accueillies dans différents

services de la commune. Tout cela est coordonné par une assistante sociale, notre directrice et notre

Président.

Nous recevons donc ces personnes pour connaître leurs aspirations en termes d’emploi. Le fait que ces personnes travaillent avec nous va leur permettre d’améliorer leur vie. Nous essayons de les remettre sur les rails. Nous sommes trois permanents pour les encadrer. Leur temps de travail est d’un an pour les plus jeunes, et de deux ans pour les plus de 50 ans, avec une tranche intermédiaire d’un an et demi.


Qui d’autre ?

Nous accueillons aussi des personnes qui souffrent d’un léger handicap physique, souvent avec des problèmes de dos. Elles sont accueillies et reçoivent un emploi adapté à leur situation, à l’exception du jardinage. Lorsque la récolte a lieu, il faut ainsi nettoyer les légumes, les trier, les mettre en panier. Bref, il existe toute une panoplie d’emplois qui ne demande pas nécessairement de gros efforts physiques. Nous accueillons aussi quelques personnes qui ont été condamnées à quelques heures de travail.


Vous êtes un bel exemple de ce qui peut se faire en matière de circuit court économique bio…

Effectivement. La personne réinsérée habite sur l’entité, travaille, produit des fruits et légumes dans l’entité et dépense sur l’entité. Et tout cela sous le label bio. Le passage au bio était le fruit de ma volonté, dans un souci d’environnement et de sécurité de production. Tout ce que nous produisons est cependant distribué dans un rayon de 50 km, car ne distribuer que sur l’entité n’est pas viable. En 2000, nous étions les seuls producteurs bios de la région, mais la concurrence est arrivée petit à petit. Ces concurrents sont aujourd’hui parfois des collègues, avec lesquels nous échangeons de l’outillage, des légumes, ou simplement des maraîchers. Mais nous avons intérêt à nous entendre. La communication entre nous est indispensable.


Quelle est votre formule de vente ?

Nous avons différents types de paniers. Les paniers impairs sont livrables tous les quinze jours et les paniers pairs sont distribués toutes les semaines. Le premier panier, dit classique, comporte cinq légumes et coûte dix euros. Il varie toutes les semaines et suivant la saison. Nous avons aussi un panier avec des légumes doubles, pour les familles nombreuses.

L’essentiel est de bien gérer la composition des paniers et, dès lors, la conservation des légumes dans les frigos.


Quels sont vos contacts avec les entreprises des environs ? Vos légumes sont-ils destinés à d’autres marchés que les marchés locaux via ces entreprises ?

Nous essayons de développer cette philosophie. Après avoir terminé mes plants culture, je compte reprendre contact par courrier avec certaines entreprises. En juillet et août, par exemple, notre production est à son plein rendement et nous aimerions pouvoir vendre nos fruits et légumes à certains grossistes. Cette recherche de nouveaux contacts a deux buts : palier une surproduction et augmenter notre chiffre d’affaires. La production coûte beaucoup d’argent et il faut absolument que nous arrivions à augmenter notre chiffre. Par exemple, en ce qui concerne les paniers, nous avons déjà atteint, auparavant, 230 à 250 paniers, alors que, maintenant, nous tournons à une moyenne de 120 paniers. Il faut dire que cela représente une gestion difficile pour les acheteurs. En effet, tout le monde ne sait pas nécessairement cuisiner le pourpier, les panais, les topinambours. Les clients découvrent donc la composition de leur panier par mail ou par courrier dès le mardi. Et, d’office, dans le cas de légumes peu ordinaires, je joins au panier des recettes spécifiques.


Avez-vous l’impression de faire œuvre de bienfaisance locale ?

J’espère, en tout cas, que tout ce que je fais depuis seize ans aura servi à quelque chose, que ce soit pour les clients ou pour les personnes qui ont été aidées par notre petite entreprise. J’ai, de toute façon, des retours positifs : des mails de clients qui me félicitent pour l’excellence de nos légumes, de nos paniers fruits, garantis sans pesticide. A ce sujet, nous ne pouvons malheureusement pas livrer que de la production locale sous peine de retomber toutes les semaines dans les pommes et les poires. Nous faisons donc appel parfois à des kiwis français, par exemple.


L’UVCW est convaincue que l’avenir du monde passe par le local... Qu’en pensez-vous ?

La culture intensive a été mise en place après la guerre 39-40 parce que les gens avaient faim. Les fermiers ont donc produit énormément jusqu’à ce que, aujourd’hui, on leur dise d’arrêter

car il y a surproduction. Et les prix chutent en rompant les équilibres du marché. Alors, oui, il est grand temps de revoir ce système. D’ailleurs, la production est en train de changer. De plus en plus d’agriculteurs bios apparaissent sur le marché. Ce changement est lent, mais les gens se rendent compte que les mentalités doivent changer. Il vaut mieux manger un produit de bonne qualité, certes un plus cher, que trois produits de mauvaise qualité et traités avec pesticides.


Vous croyez que c’est le rôle du CPAS ou de la commune de faire changer les mentalités, de remettre au goût du jour la consommation locale ?

Je crois que tous les moteurs sont les bienvenus : asbl, commune, CPAS... Il y a tant de choses à faire. Le maraîchage est un métier très dur physiquement, très exigeant et finalement

peu rentable. Je connais certains fermiers qui produisent des pommes de terre bios, mais qui n’arrivent pas à les vendre. En fait, il manque les leviers nécessaires à la vente de tels produits. Un fermier n’a généralement pas la formation nécessaire à la vente, à la mise en valeur de ses produits. Et son métier lui prend déjà énormément de temps.


Quel serait votre plus grand souhait pour Les Compagnons du Samson aujourd’hui ?

Que l’aventure continue le plus longtemps possible et qu’elle continue à évoluer comme elle est en train de le faire en ce moment. J’aimerais que les méthodes se modernisent, que la production de produits de qualité se poursuive, que l’on rende service au plus grand nombre possible. Certaines personnes m’écrivent encore aujourd’hui pour me remercier de les avoir remises sur le bon chemin, de leur avoir permis de trouver un travail. Et c’est là la plus belle des récompenses.​​



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